BaLysLone

Mes idées sont comme des papillons, je butine, je me pose parfois, longtemps, et puis je m'envole.. J'aimerai vous faire profiter de ces petits touts et n'importe quoi, que j'aime et qui font ma vie.

Nom :
Lieu : 94, France

vampire de toutes les cultures et curieuse de tout

27 mars 2006

Merci de m'accueillir un peu chez vous ( jour 4)

Mardi.... 9h04

Joris-Karl

Vous avez tort.
Au contraire, j'ai tendance à trop parler quand je suis amoureux.

Et si j'aime bien qu'on me dise "je t'aime", j'aime bien aussi le dire.

En pièce jointe, un petit texte composé à votre attention hier soir.


Texte joint :

Le besoin de vous écrire à tête reposée.
Je veux dire, loin de vous.
Loin de cette urgence fabriquée par le Net.
La toile est un outil qui, comme son nom ne l’indique plus, se transforme également en piège, le cas échéant.

Mais où se cache l’araignée ?
Vous écrire entre parenthèses quand je vous imagine encore connectée avec le monde entier.
Je me méfie de tout ce qui enferme, et de mes sirènes, fussent-elles de la police, moins poétiques que celles d’Ulysse.
Je me méfie de vous.
J’ai cessé de croire aux miracles depuis que j’ai vu Dieu en face, comme disait Michel Lancelot, en 1970, je ne suis plus certain de la date, depuis que les buvards n’ont plus le même goût de l’encre.
On dirait du bleu délayé, sous la langue, d’autres embuscades dont je me souviens, les nuits en vrille, dans la solitude de mes pyjamas.

Je n’eus de soie aucune de vos promesses, sinon les acryliques de vos messages que j’attendais en vain.
Gorge sèche, ma parole est le désert des Mojaves un crépuscule d’été, crépuscule du soir s’entend, puisqu’il en est du matin, aussi.

Combien de mots inutiles tracés dans le ciel, par des avions imbéciles, nos buées d’hiver pareilles, le cul des appareils torchés de blanc, leurs vents aussitôt gelés dans la quasi stratosphère, je doute que vous me suiviez encore, leurs ventres blancs gonflés, vers quels atterrissages tourmentés allons-nous ?

Je n’eus de soie aucune de vos gorges.

Vous n’eûtes de moi aucune de mes confidences.

Je me garde de vos absences comme de leurs conséquences.

A l’heure qu’il est, vers le soir toujours, en avance ces jours-ci, avant que de me fondre dans l’obscurité de vos rêves en couleurs, quelle banalité aujourd’hui de rêver en couleurs, moi je rêve justement de vivre en noir et blanc, version originale sous-titrée, et même pourquoi pas, en remontant encore, en muet vaguement accéléré, 40 images seconde.

Jeanne d’Arc, priez pour nous.

Dreyer, Murnau ou Eisenstein. Voix éteintes. Hauts-parleurs inutiles du côté d’Oswiecim.
Il ne resterait de nous que des gros plans obscènes et du maquillage fondu. Nos bouches sans cris et sans soupirs.
Nos langues tordues et compulsives qui voudraient dire quelque chose, mais qu’aurions-nous à confier de si essentiel qu’il nous faudrait dessiner, comme les Indiens, des nuages de fumées pour nous entendre enfin ?

J’ai vu cette fille, un jour, au métro accrochée, et qui me regardait, et que je regardais, et qui tournait sa langue entre ses lèvres ouvertes, comme pour me parler, elle était belle comme un pays de l’est à peine libéré, mais libéré de quoi, bon sang ?

On s’est quitté à la station République dans la rougeur de ses joues et de ma sévérité.

Je n’ai jamais su si elle était muette, réellement, ou si, par le recours à un autre langage, elle m’invitait à d’autres découvertes.
J’implore, avec nostalgie, cette Ostalgie, toutes mes douleurs, mes névralgies, mêmes les plus muettes, à cause de ses pommettes, toutes ses langueurs, ce qu’elle n’a pas su me dire, ce que je n’ai pas su entendre.
J’implore le temps du silence, des yeux baissés et de la timidité.

Nous ne nous parlerons sans doute jamais.
Nous n’aurons pas de lits pleins d’odeurs légères. Nous ne regarderons pas passer les nuages, ces merveilleux nuages, etc.

En tout cas, pas en même temps.
A l’heure où nos faits-divers divergent, par cette nuit sans lune apparente, je pense à vous, connectée avec le monde entier.

Je ne vous en veux pas.
Dispersion, comme disent les militaires et les CRS. L’éparpillement. Fin de cortège.
Les papillons, quand j’étais petit, c’était l’été, forcément, pourquoi les papillons toujours avec les vacances ?
La placidité de leur vol, et pourtant, cette difficulté pour les incarcérer dans mes filets de toile, une autre Toile encore, autrement plus légère, et puis après, l’éther pour les endormir, pas la mort, non, juste un évanouissement, les papillons, je les épinglais sur des planches trop blanches.
Crucifixion. Combien de Christ endormis ?

Combien de Dieux assassinés pour une collection ?
La Beauté est cruelle et se mêle à la Mort.
Vous manquez d’abandon et de cotons tige.
D’hydrophile tout court.

Vous êtes cette mare où j’allais me noyer.
Grenouilles et nénuphars.

Je vous laisse à vos conversations de salons virtuels.
A vos visites par procuration.

Je pourrais vous aimer. Il vous faudra plus d’exclusivité.

Je n’ai pas envie de vous partager. Pas comme ça.

Avec tous les autres qui nous regardent.
Je m’estompe. Me dilue à mon tour.

Demain, à l’instant, je vais laisser ce message sur vos adresses nombreuses.
Vos domiciliations. Sweet, etc. Lys. Mensonge ?
Non, je plaisante. Une fois de plus.

Cette fois, je me tais.
Vous n’aurez, finalement, pas beaucoup parlé de vous.

Joris-Karl.


Lys 12h20

Je suis venue vous dire...

Et vos larmes n'y pourront rien changer,

comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"...
Je suis venu vous dir'que je m'en vais.

Vous regrettez les jours anciens,
je sais...
Oui je suis au regret de vous dire que je m'en vais...

J'ai des invités ce soir, ma maison en chantier...

Oui, parfois je me laisse aller à être bordélique.
des courses à faire...
pas grand chose.

Je vais faire une pierrade, une tonne de vaisselle en retard.
Oui, je fais l'inventaire.

Fermons les yeux sous la tonne de repassage.
Je ne suis vraiment pas une femme de ménage. D'ailleurs j'en avais une, dans un autre temps.
Je passerais de temps en temps, entre deux corvées ou entre deux courses.

Ne vous impatientez pas, restez calme, n'oubliez pas de traverser au feu rouge et dans les clous.

Tiens que sont ils devenus les clous ?
Bonne question !
Avant que l'on ne traverse sur ces bandes blanches ? jaunes ?

Tiens je ne sais plus... Bref les "zebra crossing".

Les fabricants de clous devaient en avoir préparé des stocks.
Qu'a t'on fait des clous ?

J'ai oublié ce matin, en ce qui concerne les rêves en couleurs...
Ce ne sont pas des couleurs courantes, ce sont des couleurs éclatantes, plein les yeux.

Il n'y a qu'un rêve, toujours le même, en fait c'est un cauchemar que je fais en noir et blanc. Toujours le même depuis que je suis toute petite...
Je suis un cortège derrière un cercueil, c'est curieux, c'est une sorte de camionnette 2 CV grise et le cercueil dépasse du coffre.

Nous sommes dans une montée, le cercueil glisse, tombe, s'ouvre, et le mort roule à mes pieds. C'est une momie.
Et là je me réveille en sursaut.

Bonne journée Monsieur l'écrivain-justicier-libidineux parfois.

J'ai envie de commander votre bouquin "**********" je vais le faire, mais usagé. je vous l'ai dit, j'aime les objets qui ont une âme.

Joris-Karl

Ne me quitte pas... Il faut oublier.
Tout peut s'oublier...

Merci pour votre légèreté en réponse à ma lourdeur, voire à ma grossièreté.

Ne m'oubliez pas tout à fait cet après-midi.
Je sors de réunion.
Heureux de vos messages.

Bien sûr que je souhaite poursuivre avec vous et même plus si vous le voulez. J'aime bien nos échanges.
Il faudra vous habituer à ce genre de texte que vous avez reçu ce matin.

Le soir, je suis en période d'écriture, pas en communication avec le monde.

Cette lettre ne s'adressait à vous que secondairement.
Elle avait besoin de sortir. Elle vous concerne, tout entière, mais elle reste à déchiffrer.
Et les contresens possibles sont nombreux.

Les choses ne sont jamais simples avec moi.
J'aime bien ce que vous êtes.

Il y aura sans doute d'autres lettres, d'autres confessions qui peut-être vous choquerons.

Prenez les pour ce qu'elles sont : des tentatives d'écriture, je n'ose littérature.


Lys

J'avais un pied dans le bain quand l'alerte email a sonné...

Justement je me demandais pourquoi ce silence.

Je comprend tout à fait vos écritures nocturnes, je suis pareille, je délire parfois, surtout quand je suis triste, surtout quand je suis seule.

Pourtant je suis plutôt gaie mais quand quelquefois le blues me prend on croirait qu tout ce que je ne veux pas voir de pestifiant sur cette planète me recouvre subitement.

L'impression d'avoir un regard froid et lucide sur le monde, ça ne dure jamais longtemps, quelquefois je bois un peu, pour oublier.
Je ne m'en vante pas, je n'en ai pas honte, c'est comme ça.

Je vous ai dit que je disais tout. Pourquoi ?
Parce que je suis à prendre ou à laisser, comme je suis.

En tout cas, mare, hydrophile et coton tige, on ne me l'avait jamais fait...
Quand au "Je vous laisse à vos conversations de salons virtuels. A vos visites par procuration." Expliquez moi donc.

Vous ne m'avez pas fâchée, vous me faites sourire.

Vous êtes un grand enfant.

Arrivez vous à vous prendre au sérieux ? j'espère que non.

Avez vous déjà écrit à la plume ?
Ca doit être exhaltant et le crissement de la plume sur le papier devait être proportionnel à l'agacement.

Sur ce texte que vous m'avez envoyé, je crois même que vous auriez fait un pâté. Obligé de recommencer, mais vous n'auriez pas écrit les mêmes mots , les mêmes choses.
Je n'ai jamais été capable de recopier exactement un brouillon et vous non plus, je le sens.
Ecrivez vous la journée sur votre lieu de travail ?

Vous n'avez rien écrit sur mon premier envoi, toujours pas de réponse donc souvent à ce que je vous écris, ou même de commentaires.

Sur ce, je vais replonger dans mon bain avant de partir, avec "Fougère" de Roger Gallet.

Aimez vous les odeurs de la nature ?
Moi oui, toutes, l'odeur du foin, du purin, du chien mouillé...
Je dois être assez bestiale.


Joris-Karl
Vous m'avez fait rire. Vraiment.

Surtout avec l'histoire du pâté sur la feuille.

Vous oubliez que nous sommes de la même génération et que la plume forcément j'ai appris à écrire avec.

Cependant pour vous répondre : mon texte n'était pas un délire mais un savant travail de construction et si vous vous y penchez vous y trouverez beaucoup de choses.

Je n'étais pas triste. j'étais en état d'écriture.

Une sorte d'état second. D'autant plus second que j'avais bu un peu de vin à table. Vous voyez, moi aussi, ça m'arrive.
Oui je suis un grand enfant, et je le revendique, je voudrais le rester jusqu'à ma mort. cela donne une fraîcheur aux relations.

Evidemment c'est parfois un peu plus compliqué avec les adultes.
En revanche, je passe très bien avec les jeunes. Non mais c'est vrai.
Je n'écris jamais sur mon lieu de travail.

A quelles questions je n'ai pas répondu ? Honnêtement je ne vois pas. Dîtes-moi. Figurez-vous que j'aime votre côté bestial car vous êtes forcément très sensuelle. Me voilà tout excité maintenant.
Je vous aime déjà beaucoup trop.
Je vais arrêter.



Lys
Vous avez aussi fait de jolies frises ?

Je sors du bain et je suis en peignoir de bain, un petit moment de séchage qui me permet de vous répondre.

Je suis en retard malgré le changement de programme, ce soir nous irons dîner au restaurant chinois mais je n'ai rien fait ce matin.

Un savant travail de construction votre texte ? me concernant ?

On ne peut pas construire sur une mare !

Je le relirais je soir en rentrant, la nuit m'est propice.

Aimez vous jouer ? Je veux dire à n'importe quoi, que ce soit les cartes, le scrabble, enfin aux jeux, quoi ! ou aux jeux d'argent ?
Ne vous inquiétez pas si je vous écris beaucoup, je suis spontanée.
Je ne vous aime pas, pas encore peut être...

Mais j'aime écrire et dialoguer avec vous.

Bon bien entendu, j'ai fait une bêtise dans mon bain (non pas pipi, je vous devine).

J'ai plongé la tête sous l'eau... Adieu le brushing, les boucles ont repris le dessus et me voilà redevenue caniche.

Si vous deviez être réincarné en un animal, lequel choisiriez vous ?

Moi un oiseau, je pense.

Tiens, je me demande si les oiseaux chantent en volant ?


la suite, plus tard...




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